Les armes du Honduras

Ce soir, la France entre en lice pour sa Coupe du monde 2014. Après une préparation sérieuse et convaincante, les Bleus auront à coeur de faire oublier les piteux événements de Knysna en 2010 et un Euro 2012 décevant dans l’attitude. Dimanche à 21h, heure française, ça sera donc l’Honduras, le premier adversaire du Coq. Le 3ème de la zone Concacaf est bien plus faible sur le papier, mais on l’a vu hier avec le Costa Rica, une défense bien en place et trois actions bien senties peuvent faire basculer la fête en cauchemar.

Honduras

Il ne faudra d’abord pas s’attendre à une avalanche de buts ce soir. En 2010, le Honduras avait encaissé 1 but contre le Chili, 2 contre l’Espagne et avait empêché les suisses de passer en les accrochant. Face à des Bleus conquérants, le sélectionneur Luis Fernando Suarez, sait qui lui faudra un bloc défensif bas et solide. Parlons d’ailleurs du coach, sans doute la première armes des honduriens. Sélectionneur depuis 2011, Suarez croit en son équipe. Il l’a dit, il n’est pas venu ici pour passer du bon temps dans le Groupe E mais pour pousser les adversaires à la faute et parvenir au deuxième tour. Il l’a déjà fait en 2012 à Londres, mais il est vrai que c’était un tournoi olympique. Il faudra donc s’attendre ce soir à une équipe très agressive au début du match, comme face à l’Angleterre, et si la France prend le jeu à son compte il faudra du mouvement pour tromper le Honduras.  Présentation des armes honduriennes.

Noël Valladares
Capitaine de la sélection
37 ans – 121 sélections


Valladares

La défense du Honduras ce n’est pas l’assurance tout risque. 12 buts concédés durant les 10 matchs du dernier tour de la phase CONCACAF, c’est limite, surtout quand on affronte le Panama ou la Jamaïque. C’est aussi 5 buts pris contre le Brésil, 2 contre les turques et 4 contre Israël, tout ça en amical. Mais nous sommes à la Coupe du monde, et quand on est une « petite nation » du foot, on bétonne et on espère tout pour créer la surprise. Dans les bois honduriens, ça sera le gardien la première arme des Catrachos. Noël Valladares, 37 ans, est de toutes les compétitions internationales depuis 1999. Le capitaine aura à coeur d’eteindre les espoirs français. Il y a trois ans le bonhomme était le meilleur gardien de la Gold Cup 2011, l’Euro de la Concacaf. Il marquait des buts aussi à ses débuts à Motagua, mais peu de chances d’en voir de sa part ce soir.

Maynor Figueroa
31 ans – 104 sélections 3 buts


jones_vs_honduras_figueroa

C’est le socle sur lequel Suarez s’appuit pour bâtir sa défense. Maynor Figueroa c’est plus de 200 rencontres de Premier League, que ça soit à Wigan ou Hull. Loin d’être remplaçant, l’hondurien est souvent titulaire en club. Déjà présent en 2010 lors de l’aventure africaine, ça sera le pilier à bouger pour espérer mettre une prunelle à Valladares. Une assurance pour la couverture de la défense, quand on sait que son compère de charnière, Bernardez est plus imposant mais beaucoup plus lent.

Emilio Izaguirre
28 ans – 66 sélections 1 but


Izaguirre

Suarez aurait sans doute aligné une doublette purement scottish sur les ailes si son Rangers Peralta ne s’était pas blessé, il y a moins d’une semaine. On ne sait pas grand chose de son remplaçant Brayan Beckeles, mais à ce poste il doit avoir les même caractéristiques que Peralta, solide défensivement avec un apport offensif intéressant. Sur le flanc gauche, on a plus de certitudes avec Emilio Izaguirre. Alors certes le latéral de poche joue au Celtic, dans la faible ligue écossaise, mais le monsieur a été élu meilleur joueur de cette Premiership en 2011. Un sacré client. Quand on sait que la ligne offensive du Honduras est composée de grands gabarits, on se doute que le latéral va prendre le couloir et tenter des centres. A suivre.

Wilson Palacios – Luis Garrido
94 sélections 5 buts – 20 sélections


Palacios

Wilson Palacios c’est le joueur hondurien le plus connu de l’effectif en Europe. Néanmoins, même si l’ancien Spurs est indiscutable en sélection, il a perdu de sa superbe en Angleterre où il est simple remplaçant depuis trois saisons à Stoke. Une grosse expérience tout de même au milieu de terrain, très rassurante pour la Bicolor. Quand à son compère Garrido, l’espoir de 23 ans a participé au championnat du monde des -de 17 ans en 2007, et il avait impressionné. Depuis Luis a tenté l’expérience européenne avec l’Etoile Rouge de Belgrade, sans grand succès. On attend toujours la confirmation du « Garrincha hondurien », même si on a tendance à se méfier de ce genre de surnom. A.k.a Everton. C’est avec les Catrachos qu’il se montre le plus. Il a aussi une expérience des tournois, puisqu’il était du voyage à Londres pour les Jeux Olympiques. Sans doute le joueur le moins côté du Honduras mais l’un des plus dangereux

Andy Najar
21 ans – 18 sélections 1 but


Najar

Il y a bien sûr l’expérimenté Espinoza, mais le joueur de Wigan devrait être prenable. Najar lui c’est un peu plus différent. Grand espoir de l’Honduras après avoir tourné le dos aux Etats-Unis, il a été désigné rookie en MLS à ses 17 ans. Désormais joueur de Anderlecht, où il s’est imposé pour sa première saison, c’est l’élément offensif rapide qui pourrait embêter la défense des Bleus. Très peu décisif en tant que buteur, il faudra l’attendre avec sa vitesse. D’ailleurs Suarez a avec lui une flopée d’ailiers rapides avec Chavez, Martinez ou encore Boniek Garcia. Anecdote inutile, Garcia se prénomme ainsi car son père était fan des polonais des années 80.

Jerry Bengtson – Carlo Costly  
16 buts en phase éliminatoire CONCACAF
44 sélections 19 buts – 69 sélections 31 buts


Bengtson-Costly

Le plus gros danger du Honduras. Avec 9 et 7 buts, Bengtson et Costly ont marqué plus de la moitié des buts de leur équipe en matchs éliminatoires, et c’est la même chose en match amical. Deux profils différent néanmoins. Carlo Costly c’est le grand attaquant pivot de la sélection (1m91) qui marque peu mais qui est un excellent point de fixation. Bon après il faut savoir que Costly n’est pas un foudre de guerre, c’est un peu le Xavier Gravelaine hondurien avec 9 clubs à son actif.  Roumanie, Anglettere, Chine, Etats-Unis….un véritable club trotter. Le grand Carlo laisse de la place pour Jerry Bengtson pour planter but sur but. Son instinct de buteur est reconnu au Honduras, mais depuis qu’il est en MLS il est beaucoup moins convaincant. Néanmoins avec le Bicolor, c’est lui qui a fait basculer le Mexique à domicile, dans la citadelle du stade Aztequa. C’est également lui qui a mis les 3 buts qui ont permis au Honduras de sortir de leur groupe des JO de Londres. C’est donc un joueur  de tournoi capable de tout changer pour le Honduras, un peu à la manière d’un Campbell au Costa Rica, la vitesse en mois mais la puissance en plus.

Pourquoi le Honduras n’est pas une « petite nation » du foot?  


3196197699_1_6_v3Um9D9t (1)

Avant de vous laisser vous préparer pour ce match d’ouverture, au combien important, on revient un peu sur le cliché qui fait des honduriens des nouveaux venus dans le monde Foot. Le football est l’un des sports les plus populaires à Tegucigalpa et il est ancré dans la mémoire collective. L’exemple le plus marquant est la guerre entre le Salvador et le Honduras en 1969, ou la mal nommé Guerre du football. Si les tensions frontalières entre les deux pays n’ont rien à voir avec le ballon rond, c’est bien les éliminatoires de la Coupe du monde qui ont été le catalyseur de cette escalade dramatique.

Contexte. En 1969, de fortes tensions politiques persistent entre les deux pays d’Amérique centrale, à cause notamment de l’exode massif de salvadoriens au Honduras. Les éliminatoires de la Coupe du monde s’en mêlent, car les demi-finales de cette zone opposent Haïti aux Etats-Unis et le Honduras au Salvador. Premier match, premier malaise, suicide d’une supportrice salvadorienne. Les deux autres matchs qui suivent connaîtront leur lot d’intimidations et de violences, entraînant de facto l’escalade et la guerre entre les deux pays.

C’est par ailleurs une nation en quête de son passé glorieux qui revient sur le devant de la scène dans les années 2010. Le plus gros succès à ce jour des Bicolor reste la conquête du titre de champion de la Coupe des nations de la CONCACAF en 1981. Ils avaient d’ailleurs enchaîné à la Coupe du monde 1982 en Espagne en obtenant le nul contre le pays hôte. On espère que ça ne sera pas le cas pour les Bleus ce soir.

Publicités

Une réflexion sur “ Les armes du Honduras ”

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s