Qui étaient les Super Eagles?

Quand on pense Nigéria en foot, on pense Super Eagles. Mais voilà aujourd’hui ces aigles ont perdu de leur superbe. Champion en titre de la Coupe d’Afrique des nations, les hommes de Stephen Keshi ne sont pas pour autant la plus crainte des nations africaines. Dans un groupe où l’épouvantail se nomme Argentine, il y a de la place pour espérer atteindre les huitièmes de finale, comme leurs aînés en 1994 et 1998. Ces aînés que l’on surnommait d’ailleurs les Super Eagles. Cette génération des années 90 avaient à la fois surfé sur l’Afrique (CAN 1994) ainsi que sur le monde (Vainqueur du tournoi des JO 1996 à Atlanta), mais aussi fait sensation face au finaliste italien à la Coupe du monde 1994 ou bien humiliant l’Espagne de Zubizarretta 3 buts à 2 en 1998. Retour sur cette période faste du football africain.

Dans les années 90, l’Afrique attend son heure de gloire au niveau international. Le Cameroun de Roger Milla à montré la voie en Italie, en allant jusqu’en quarts de finale du Mondial 1990. Leur successeur pour le prochain mondial se fait attendre, surtout que les Lions indomptables ne pourront pas refaire le même exploit. C’est en 1993 que les Green Eagles sentent que le vent peuvent enfin tourner en leur faveur. La 5ème édition de la Coupe du monde de football des moins de 17 ans voit le Nigéria s’imposer. Cette compétition n’est pas encore le sésame pour les superviseurs de Football Manager,la compétition ne rassemblant à l’époque ni le Brésil, l’Italie ou l’Espagne. Mais cela est bon signe en vu de la Coupe du monde qui se déroulera aux Etats-Unis en 1994, car deux joueurs ont particulièrement flambés. Un grand attaquant du nom de Kanu et un milieu feu follet, Wilson Oruma.

L’équipe première aussi est pleine de promesses, durant l’année 1993 elle se qualifie avec brio pour la Coupe du monde, aux dépens de la Côte d’Ivoire, alors récent champion d’Afrique. C’est donc en pleine confiance que s’avance le Nigéria pour la Coupe d’Afrique des nations de 1994 en Tunisie. Deux hommes vont permettre aux Green boys d’atteindre le Graal africain, Rashidi Yekini et Emmanuel Amunike. Le premier nommé est alors un attaquant de 30 ans qui plante but sur but au Vitoria Setubal, et termine meilleur buteur de la compétition. Le second est alors âgé de 24 ans et un attaquant lambda du club égyptien de Zamalek. C’est néanmoins lui qui en plante 2 en finale contre la Zambie. Dans l’équipe type de ce tremplin africain, on retrouve aussi un certain Emmanuel Amokachi et le bien nommé Jay Jay Okocha.

La révélation World Cup 1994

argentine-nigeria

C’est en pleine confiance que les Green Eagles se présentent aux Etats-Unis à la Coupe du monde. Elle a alors fort à faire dans un groupe comprenant la Bulgarie de Stoïchkov et l’Argentine du revenant Maradona. Et pourtant ça démarre fort avec une claque infligé à la bande à Kostadinov. Trois zéros avec trois buts de leur ligne offensive Yekini, Amunike, Amokachi. Accrocheurs de l’Argentine (1-2), ils continuent sur leur bonne lancée en faisant tomber la Grèce (2-0). Dans une Coupe du monde alors à six groupes le Nigéria, premier , affrontera le dernier des meilleurs troisièmes. Or il se trouve que c’est l’Italie, devancé dans son groupe par de surprenants mexicains et irlandais. Dans ce huitième de finale, vous connaissez probablement la fin car c’est l’Italie qui affrontera le Brésil en finale. Pourtant, après un but d’Amunike, ils manquent quelques minutes à ces Eagles pour s’envoler vers les quarts. Mais la Squadra a alors dans ses rangs un grand de Robbie Baggio, et il met fin aux espoirs africains de confirmer l’embellie des Lions de 1990.

La consécration à Atlanta en 1996

Nwankwo Kanu

Pourtant la machine Super Eagles est lancée, car la plupart des stars de la World Cup changent de dimension. Yekini rejoint l’Olympiakos, Amunike le Sporting Lisbonne, Amokachi Everton. La prochaine étape des aigles intervient en 1996, car la hype nigériane ne confirme rien en club. 1996, année de CAN? Et bien non car pour des raisons politiques (en Afrique? comme c’est bizarre) le Nigéria ne viendra pas en Afrique du Sud. Il faut dire que ça la foutait mal pour un gouvernement qui tuait ses opposants d’envoyer ses joueurs au pays de Mandela. Tant pis la légende des Super Eagles se construira à Atlanta, lors du tournoi olympique de 1996. Quelques noms s’ajoutent pour participer à l’événement. Tijani Babangida, Celestine Babayaro, Victor Ikpeba, Sunday Oliseh, Lawal, les anciens – de 17 ans Oruma et Kanu et l’excentrique Taribo West. Le Nigéria se défait de l’Hongrie et du Japon en phase de groupe mais doit s’incliner contre le Brésil de Ronaldo. Mais voilà, ça sera la seule défait des jeunes nigérians. Okocha et Babayaro éteignent le Mexique en quart, tandis que les jeunes Ikpeba et Kanu assomment les brésiliens en demi. Un 3-2 et un but d’Amunike plus tard et c’est l’Argentine de Crespo qui doit abdiquer. Les Super Eagles sont là et fin prêt pour créer une surprise au Mondial 1998.

Les tombeurs de la Roja en 1998

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Deux ans plus tard en France, la plupart des Eagles jouent dans des grands clubs. Kanu et West à l’Inter, Oruma est champion de France avec le RC Lens, Amunike joue au Barca, Sunday Oliseh et Babagida ont rejoint un Ajax encore florissant tandis que la latéral gauche Babayaro a changé de dimension à Chelsea. La force de l’effectif se confirme dans le Groupe D. Déjà contre l’Espagne, avec deux buts dans le dernier quart d’heure de Lawal et d’une somptueuse frappe d’Oliseh. Le Nigéria se défait ensuite d’une Bulgarie vieillissante grâce à Ikpeba. Néanmoins on commence un peu plus à douter des Eagles lorsqu’ils s’en prennent 3 du Paraguay. La sélection sud-américaine ne marquera d’ailleurs que trois buts en 1998. C’est sans doute cette faiblesse défensive qui ne permettra pas aux Super Eagles d’aller plus loin que les huitièmes de finale. Un sec 4 à 1 contre le Danemark et le jeune Ebbe Sand mettent fin aux espoirs du Nigéria.

C’est donc ça les Super Eagles, une super génération capable d’exploits, mais qui ne brille pas par sa régularité. En témoigne l’impact des joueurs en club après la Coupe du monde. Les seuls à rester performants étant peut-être Kanu et Okocha. Pour le reste c’est la descente aux enfers. Ikpeba se perd à Dortmund. Amunike et Amokachi disent adieux au football à cause de problèmes musculaires récurrents. Depuis cette génération dorée, beaucoup de bons joueurs offensifs (Martins, Ayegenbi pour ne citer qu’eux) ont percé sans jamais permettre aux Eagles de retrouver leur superbe. 1 petit point au Mondial 2002 et 2010, non qualifié en 2006, le Nigéria espère s’appuyer sur sa victoire 2013 en CAN pour sortir une nouvelle fois de son groupe et faire perdurer le rêve africain. Néanmoins l’équipe n’a pas la même génération mais seulement un bon joueur par ligne (Enyema aux cages, Yobo en défense, Obi Mikel au milieu, Emenike et Musa en attaque). Leur seul motif de faire quelque chose pour cette Coupe du monde est qu’en 1994, le Cameroun venait de faire un exploit au précédent mondial, comme le Ghana en 2010, et que les Eagles étaient les récents champions d’Afrique en titre. Mais les comparaisons historiques ne servent à rien une fois qu’on a vu la pauvre prestation du Nigéria à la Coupe des confédérations. Si vous vous attendez à une surprise du côté de l’Afrique, regardez plutôt du côté du Ghana, ou de l’Algérie.

taribo-west

MAJ: On était pas loin du compte, c’est finalement le Nigéria qui est  la bonne surprise africaine du Mondial. Néanmoins ça devrait s’arrêter en huitièmes pour les Eagles version Brazil.

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