Les fourchettes à fondue de la Suisse

Fort de son succès convaincant 3-0 contre une faible opposition hondurienne, l’équipe de France doit désormais faire sauter la banque suisse pour  se  dégager l’horizon vers les huitièmes de finale. Seulement voilà, même si les Suisses sont poussifs depuis le début du mois de mai, ils gagnent, et surtout en fin de match. La confrontation contre l’Equateur l’a prouvé, les helvètes se battront jusqu’au bout. Du côté des Bleus, voilà un bon mois qu’ils n’ont pas eu d’adversaire de ce niveau. Les suisses ne viendront pas pour obtenir le nul ou faire une bonne prestation, mais bel et bien pour gagner. Mise en lumière de cette équipe type suisse qui va piquer au vif la défense française.

Equipe type suisse

Le classement FIFA surévalue certainement la Nati, en la classant 6ème, mais ce n’est pas pour rien que les suisses font plus peur que d’habitude. La Suisse enchaîne avec sa 3ème participation en phase finale de Coupe du monde. Un record pour la sélection. Si on ajoute à cela que le pays de la fondue a digéré la retraite d’Alexander Frei grâce à une nouvelle génération prometteuse, on peut se dire que les Suisses ont une équipe complète avec à chaque poste des joueurs qui évoluent dans les meilleurs clubs européens. Les mauvaises langues diront que cette équipe n’a encore rien prouvé. En témoigne ses trois dernières sorites poussives, contre la Jamaïque (1-0) le Pérou (2-0) et l’Equateur (2-1), ou bien une phase qualificative avantagée par la présence de la Norvège en tête de série. Néanmoins, les suisses ont cette capacité à ne pas perdre de match. Sept victoires pour 3 matchs nuls dans leur groupe éliminatoire avec une différence de buts de +11.  Une victoire contre le Brésil au sortir de la Coupe des confédérations. Le seul accident s’est produit en amical contre la Corée du Sud, en novembre 2013. Mais comme l’a prouvé le match contre l’Equateur, la vraie force des helvètes c’est bien leur collectif. Stocker et Drmic à la rue, c’est les remplaçants Mehmedi et Seferovic qui ont été décisifs. Inusables jusqu’à la dernière minute.


Diego Benaglio
30 ans – 57 sélections


Benaglio

Il pourra attendre Yann Sommer avant de prouver tout le bien qu’on pense de de lui. Dans les cages l’héritier des Pascolo et Zuberbülher n’est autre que le portier de Wolfsburg, Diego Benaglio. Incontestable en sélection et en Allemagne, il ne laisse que des miettes à ses concurrents. A la manière d’un Lloris, il en est déjà à plus de 50 sélections alors que les autres atteignent difficilement les 10.  La seule fois où le bonhomme s’est pris plus de 2 buts en 2013 avec la Nati c’était contre l’Islande. Autant dire que la Benz’ pourra difficilement mettre un hat-trick à ce solide gardien. En sachant que lors du dernier Mondial 2010 dans le groupe de l’Espagne, Diego ne s’était pris qu’un petit but en trois matchs, et d’un défenseur chilien qui plus est.


Johan Djourou – Steve Von Bergen
27 ans 44 sélections 1 but – 30 ans 41 sélections


Djourou

Le genre de mec dont tu crois qu’il a la trentaine et en fait pas du tout. La faute sans doute au fait qu’il soit sorti de la pouponnière d’Arsenal. A 27 ans, Djourou en est à sa deuxième Coupe du monde. Si il n’était pas du voyage en 2010, c’est que le garçon traîne des prestations en demi-teinte ainsi qu’un temps de jeu famélique. Prêté par Arsène à Hambourg, il n’a pas participé au naufrage du club allemand avec seulement 5 matchs joués. Titulaire contre l’Equateur, c’est peut-être un bien pour la France si Hitzfeld le préfère encore à un prometteur Fabian Schär. Le jeune espoir de Bâle a quand même terminé meilleur buteur de la Nati en phase de qualifs avec 3 buts.

Et oui les temps ont bien changé. Depuis 2006 on a l’habitude de se dire que la charnière centrale de la Nati c’est Senderos-Djourou, mais les anciens espoirs ont perdu de leur superbe.  Von Bergen n’a pas un passé exhaustif (Hertha Berlin, Cesena, Palerme) mais il a eu au moins le mérité de connaître le haut niveau de Bundesliga et de Série A avant de se ranger du côté des jeunes garçons de Berne. On aurait tort de sous-estimer ce monsieur, déjà titulaire lors de la Coupe du monde 2010. Avec Djourou, il forme une charnière solide, mais c’est néanmoins tout à fait prenable avec un peu de vista de la part d’un Valbuena.


Stephan Lichtsteiner – Ricardo Rodriguez
30 ans 63 sélections 5 buts – 21 ans 21 sélections


Lichtsteiner

Le premier danger pour les Bleus, il est ici, avec deux latéraux défensifs très enclin à montrer leurs qualités de centre. L’ancien lillois a grandement participé au Scudetto de la Juve cette saison. Bien qu’on est peu vu le turinois Lichtsteiner contre l’Equateur, le loup de Wolfsburg Rodriguez a été la passeur décisif des deux buts de la Nati. Très en jambes, ils seront donc les dangers numéro un pour nos amis Patrice Evra et Mathieu Débuchy.


Gökhan Inler – Valon Behrami
29 ans 73 sélections 6 buts – 29 ans 48 sélections 2 buts


20-Behrami-Inler

La doublette napolitaine se retrouve en sélection. Auteurs tout les deux d’une bonne saison sous les ordres de Rafa Bénitez, on a peu vu Inler contre l’Equateur, si ce n’est la qualité d’un ou deux de ses frappes. Behrami a lui en revanche été impliqué dans l’action du dernier but en fin de partie. Une expérience solide au milieu de terrain, car Inler est présent depuis 2006 en sélection, et Behrami participe à sa 3ème coupe du monde consécutive. Respect.


Xherdan Shaqiri – Granit Xhaka  
22 ans 33 sélections 9 buts – 21 ans 26 sélections 4 buts


Xhaka

Elle est là, la nouvelle génération suisse. Commençons par le plus connu, le bavarois Shaqiri. Le kosovar naturalisé suisse va plus vite que tout le monde, et il l’a encore prouvé contre l’Equateur où il a été nommé Man of the Match. Si on le voit moins du côté du Bayern, c’est sans doute à cause des deux mastodontes qui sont devant lui, Robben et Ribéry. Néanmoins il a réussi à percer dans un collectif bavarois déjà bien en place. Sans aucun doute le plus grand danger pour les Bleus.

Passons au moins connu mais tout aussi talentueux Granit Xhaka. Lui aussi né en Suisse de parents kosoavars, c’est tout naturellement qu’il a troqué la tunique rouge de la Nati. C’est lui le meneur de jeu de l’équipe et ce n’est sans doute pas pour rien que l’on voit un peu plus le Borussia Mönchenglabach joué les troubles fête dans la première partie de tableau de la Bundesliga. Encore très jeune, c’est le genre de joueur qu’on ne remarque pas mais qui peut faire aussi mal qu’un Shaqiri.


Josip Drmic – Admir Mehmedi  
21 ans 7 sélections 3 buts – 23 ans 21 sélections 2 buts


Mehmedi

Omar Hitzfeld n’a vraiment pas de bol. Contre l’Equateur, il titularise Josip Drmic au dépens de Haris Seferovic. Il faut dire que la révélation de Nuremberg (17 pions en Bundesliga) en a déjà planté 3 en 7 sélections alors que le joueur de San Sebastian traîne un petit but en 11 apparitions. Et pourtant, la lumière est venu d’Haris, à l’ultime minute du match. Le coach allemand de la Nati devrait néanmoins refaire appel à Josip, plus convaincant cette saison que le ratio famélique de Seferovic. (4 buts en 39 matchs au côté de Vela et Griezmann). Attention donc à la gachette helvète, tout récent pensionnaire du Bayer Leverkusen.

Sur l’aile gauche ça devait être Valentin Stocker, mais contre l’Equateur, on a bien compris pourquoi le petit gars jouait encore à Bâle. Lors du premier match, Omar a la bonne idée de la faire sortir pour faire rentrer l’ancien grand espoir Mehmedi. Et puis corner de Rodriguez, et tête du joueur de Fribourg qui provoque l’égalisation dans un match au combien serré. Pour être honnête on n’attendait rien du macédonien durant cette Coupe du monde. La faute sans doute à un transfert foiré au Dynamo Kiev en 2012 (Trémoulinas, Belhanda ce message est pour vous aussi). La résurrection est venu cette année à Fribourg et ses 12 caramels ont sans doute donné de la confiance à Admir pour être enfin décisif sous le maillot helvète. Quand à Tranquillo Barnetta, on ne devrait pas le voir jouer durant ce Mondial.


Il n’y aura donc aucun joueur à sous estimer dans cette Nati 2014, tant la ligne offensive est jeune et talentueuse, l’entre-jeu solide d’expérience et les ailes dangereuses par leurs centres. La seule faiblesse de cette équipe est sans doute sa charnière centrale défensive. Néanmoins si Hitzfeld titularise le jeune Schär, il y a aura plus de complication pour les Bleus à finir le travail, le défenseur de Bâle ajoutera aussi un danger sur les corners. Si la bataille de l’axe central est gagnée et que les ailiers polyvalents Griezmmann et Valbuena sont en jambes, la Suisse semble prenable. Réponse sur le terrain demain soir, à 21h.

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