1/8 de finale: La fin de la malédiction pour les aztèques?

Ce soir, le Mexique va débuter son sixième huitièmes de finale consécutif. Bien que la performance soit au rendez-vous tout les quatre ans pour les aztèques, une malédiction semble les frapper, les empêchant d’atteindre les quarts de finale d’une Coupe du monde. Pourtant contre les Oranjes tout pourrait changer. Retour sur ces huitièmes de finale ratés, de peu pour la plupart.

Les huitièmes de finale et le Mexique, c’est une histoire de coïncidences. Tout d’abord c’est durant la coupe du monde 1986, au Mexique, que l’on a retrouvé ces bons vieux huitièmes, et relégué sur le banc l’idée d’une coupe du monde à deux phases de groupe. C’est d’ailleurs durant ce Mondial que El Tri réalise l’une de ses meilleurs performances, en tombant en quart contre une Allemagne future finaliste de l’épreuve. Vous verrez d’ailleurs que c’est l’Allemagne le pire ennemi du mondial pour le Mexique. Il faudra ensuite attendre 1994 pour retrouver la Verde dans le jardin de la Coupe du monde. La cause: le scandale dit des « cachirules », où le Mexique a titularisé des joueurs au delà de l’âge légal dans son équipe des moins de 20 ans

1994: Maudits pénalties

Campos

1994, c’est la World Cup, le mondial sauce burger. Le Mexique se retrouve dans la contrée des Yankees après un tour préliminaire compliqué, avec des caribous canadiens qui ont bien failli prendre leur place. El Tri hérite d’un groupe compliqué, avec trois nations européennes. Aujourd’hui ce groupe E ferait bien sourire avec l’Irlande et la Norvège, mais à l’époque l’Irlande était sorti d’une phase de groupe comprenant l’Espagne et le Danemark. Quand on sait que les frères Laudrup avaient remporté l’Euro 92, on redoutait un peu plus les Irish boys. Quand aux vikings norvégiens, ils venaient de terminer premier d’un groupe comprenant les Pays-Bas et l’Angleterre. A l’aise. Quand à l’Italie, elle faisait à l’époque figure de favori du groupe.

Et pourtant Squadra et Verde chutent dès le premier match contre l’Irlande et la Norvège. Le Mexique s’imposera ensuite contre le Trèfle et empochera le nul contre l’Italie. Cela donnera un groupe avec 4 équipes à 4 points! Les deux premiers sont qualifiés, et si le troisième n’est pas trop nul, il passe aussi. A ce petit jeu ça se joue aux buts marqués car tout le monde à une différence de buts de zéro. Et avec 4 buts inscrits le Mexique se retrouve premier et à donc la possibilité de rêver aux quarts. Malheureusement ce Mondial n’était pas mexicain mais bien bulgare. Le match contre la bande à Stoichkov se termine aux tirs au but, et les aztèques ratent leurs trois premiers, laissant le champ libre aux Balakov et Lechkov. La Bulgarie sortira ensuite l’Allemagne de Klinsmann, et s’inclinera seulement 2-1 contre l’Italie. Déjà l’Allemagne en quart, tiens, tiens… Pour l’anecdote, le seul à avoir réussi son pénalty est Claudio Suarez, l’homme aux 178 sélections que l’on retrouvera au Mondial 2006.

1998: La tête d’Oliver Biehroff

germany

Pour ce Mondial 1998, le Mexique fait figure d’outsider. La faute à une doublette Blanco-Hernandez qui a étrillé la zone Concacaf. C’est dans un groupe E, composé de la Belgique, de la Corée du Sud et des Pays-bas, que le Mexique va devoir se sortir. Les néerlandais et les belges connaissent le même sort que la France et la Suisse de 2006, même groupe éliminatoire même groupe de Coupe du monde. Les deux nations du Bénelux vont se neutraliser pendant que Luis Hernandez assomme en fin de match de solides coréens. La Corée du Sud avait d’ailleurs été la première à ouvrir le score.

Mais c’est une marque de fabrique de ce Mexique 1998. Cette équipe aime être mené pour mieux revenir. Deuxième match, doublé de Wilmots. La Belgique n’a plus qu’à assurer pour s’ouvrir les portes des huitièmes. Mais là encore deux buts d’Aspe et de Blanco remettent la Verde sur les rails. Même constat contre les Pays-Bas, au bout de 18 minutes les bataves mène 2-0. Pourtant c’est dans le dernier quart d’heure que Pelaez et Hernandez recollent au score. La bande à Campos pouvait d’ailleurs même perdre puisque les Belges ont été incapable de vaincre les asiatiques.

Le sort est cruel ensuite. Ceux sont les mexicains qui mènent en huitièmes contre la grande Allemagne, vainqueur de l’Euro 1996. Mais la Manschafft inquiète depuis le début de ce Mondial. Deux succès poussifs contre les Etats-Unis et l’Iran et un nul inespéré contre une Yougoslavie redoutable. Durant ce match c’est Oliver Bierhoff qui a évité aux allemands un duel face aux Pays-bas. C’est encore lui qui évitera à l’Allemagne de perdre contre l’une des plus belles équipes mexicaines. Un coup de tête rageur et rendez-vous en quart. Tout ça pour finalement se faire humilier par Davor Suker.

2002: La bataille du Rio Grande

Donovan

Ce n’est plus le même Mexique qui se présente en Asie. La hype aztèque a pris du plomb dans l’aile. C’est d’ailleurs le Costa Rica qui a terminé premier du groupe Concacaf. Alors quand on voit un groupe composé de l’Italie, de la Croatie et de la nouvelle Equateur, on se dit qu’avec de la chance ça peut passer, tout comme ça peut virer au cauchemar pour la Tri. Mais cette équipe a des ressources, avec toujours Blanco dans ses rangs, la première Cup de Rafa Marquez et un géant du nom de Jared Borgetti. Deux solides victoires contre la sélection au damier et l’Equateur de Augustin Delgado et un nul arraché contre la Squadra, et voilà le Mexique première de son groupe.

Dans un monde logique, le premier du groupe G affronterait le second du groupe H, à savoir la Belgique. Mais non, ça sera le second du Groupe D. Un groupe de l’hécatombe qui a vu le Portugal de Pauleta et la Pologne d’Olisadebe chuter. Et c’est donc les Etats-Unis qui se profilent à l’horizon. Les deux sélections ne se connaissent que trop bien, puisqu’elles se disputent tout les quatre ans la tête du groupe Concacaf. Mais dans ce huitièmes, El Tri sera incapable de battre Brad Friedel, et c’est donc Brian McBride et Landon Donovan qui se charge de reconduire les mexicains à la frontière. Cruel, quand on sait que le quart aurait proposé une belle revanche contre l’Allemagne. Oui, oui comme en 1994.

2006: El Maxi Rodriguez

Mexico

Les joueurs de Football Manager 2006 connaissent bien cette période. C’est celle où le Mexique à trois attaquants redoutables. Du moins dans le jeu. Leurs noms: Guillermo Franco, Omar Bravo et Francisco Fonseca. Finalement on se rendra vite compte qu’ils ont le même potentiel que César Delgado, ou Lebohan Mokoena. Pour une fois, en Allemagne, le Mexique obtient un groupe jugé facile. Mais les aztèques n’aiment pas la facilité car après avoir tapé l’Iran 3-1, ils butent contre l’Angola et perdent contre le Portugal de Luis Figo.

Le second du groupe D affronte cette fois le premier du groupe C. C’était juste le groupe de la mort à l’époque. Argentine, Pays-Bas, Côte d’Ivoire, Serbie-Monténégro dans l’ordre. L’Argentine de 2006 avait encore un paquet de joueurs offensifs (Crespo, Tevez, Messi, Riquelme, Saviola, Aimar) mais aussi un défense (et oui ça existe) avec Heinze, Ayala ou encore Burdisso. C’est donc face à l’ogre d’Amérique du Sud que se présente la sélection mexicaine. Un but de Marquez à la sixième minute, une égalisation de Crespo quatre minutes plus tard et c’est ensuite l’attente qui prédomine. Mais durant les prolongations, un élément perturbateur va tout changer. Car ce Mondial c’est celui où Maxi Rodriguez se révèle aux yeux de tous. Double buteur contre la Serbie, c’est lui qui éteint les partenaires d’Oswlado Sanchez. Et là encore le Mexique aurait pu affronter l’Allemagne en quart, mais ils n’en veulent décidément pas.

2010: Diego Gonzalo Tevez

Higuain

On connaît un peu plus le Mexique de 2010. C’est grâce ou à cause de lui que la France a mis fin à l’ère Domenech. Un sec 2 à 0 et voilà Patrice Evra et consorts coincés dans le bus. Cette victoire fait d’ailleurs du bien au Mexique, après un nul poussif contre le pays organisateur l’Afrique du Sud. Mais c’est ensuite un but de Luis Suarez qui va contraindre la Verde à affronter une nouvelle fois l’Argentine. Car dans le groupe B, les adversaires pour l’Albiceleste étaient la Corée du Sud, le Nigéria ou encore la Grèce. Quand on sait que l’équipe de Maradona a à l’époque Tevez, Higuain, Messi ou encore Aguero, on comprend pourquoi l’Argentine s’en tire avec neuf points. Comment? L’Argentine a presque la même équipe en 2014? Avec Tevez en moins? Et une défense en carton? Alors on espère qu’elle ne connaître pas le même destin.

Car avant de se faire fesser sévère par les allemands (encore) en quart 4 à zéro, l’Argentine a du se défaire du Mexique. Un mi-temps a suffi aux hommes de God Maradona pour prouver leur supériorité. Gonzalo Tevez inscrit un triplé (deux buts de Tevez, un de Higuain). Chicharito sauve l’honneur avec un but en fin de match, mais c’est déjà trop tard. Décidément le Mexique ne veut pas de ce quart contre l’Allemagne.

2014: La fin de la malédiction?

Rafa Marquez

Ce soir ça pourrait être la fin de la malédiction aztèque. Pourquoi? Tout simplement parce que le Mexique a montré un nouveau visage durant cette Coupe du monde. Oubliez le barragiste de la Nouvelle-Zélande. Car l’équipe d’Herrera est tout autre aujourd’hui. La défense du Mexique n’a concédé qu’un seul but en ce début de mondial, la faute à un exploit de Perisic. A part ça Ochoa et sa charnière Marquez-Rodriguez-Moreno sont en confiance. A voir si Robben Van Persie pourra transpercer le mur mexicain.

Autre raison d’y croire, le Mexique de 2014 ne se résume pas à Chicharito Hernandez, qui est d’ailleurs relégué à son rôle de super-sub de United. Layun, Aguilar, Herrera, Peralta et surtout Dos Santos, voilà les hommes forts de la Verde. On peut toujours douter du niveau du Mexique bien entendu. Ils n’ont mis qu’un but au Cameroun, ils ont joué contre un Brésil mollasson et en mettre trois à Pletikosa durant cette Coupe du monde, même Eder peut le faire. Mais à ce rythme là, on peut douter de tout. Ce qui est sûr c’est que la doublette Arjen Robben-Van Persie est en forme. Alors avec un jour sans des deux bataves, tout est possible. En plus pas d’Allemagne en quart, seulement un petit poucet costaricai ou grec.

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